FKT: Nouchka Simic - GR96 Samoëns - Aix-les-Bains (France) - 2026-10-16

Athletes
Route variation
Standard route
Multi-sport
No
Para athlete
No
Gender category
Female
Style
Supported
Start date
Finish date
Total time
2d 4h 31m 27s
GPS track(s)
GR96_.gpx55.71 MB
Report

Mercredi 14 octobre 2026, 11 h : départ de Samoëns pour une belle traversée sous un soleil radieux et 15 degrés !

Ça y est, je m’élance sur une trace qui me fait de l’œil depuis quelques semaines. 

220 km et 12 600 m de dénivelé (à la montre à l'arrivée), à la maison : la trace me fait rêver. Je connais une partie du parcours, mais je vais découvrir pas mal de nouveaux sentiers et paysages. 

J’ai fait cette traversée avec assistance, et j’ai couru seule par moments, accompagnée à d’autres, surtout sur les portions de nuit où, à cette période, il fait froid et les nuits sont longues (12 h 30 de nuit). Je ne suis pas toujours sereine à l’idée de courir seule la nuit en montagne, et c’est aussi l’occasion de partager de beaux moments de sport avec mes amis. J’adore ça.

Je pars de Samoëns, direction les bords du Giffre pour entamer ce périple. Je connais bien le début, ayant emprunté cette trace sur une portion de ma Grande Traversée des Alpes via le GR5 cet été. Direction l’impressionnante cascade du Rouget, puis je m’enfonce seule dans les Fiz pour profiter d’une magnifique journée ensoleillée aux couleurs d’automne. Que c’est paisible. Je croise énormément de bouquetins avant le col de la Portette et la redescente vers Flaine.

Je passe une journée de flow, seule avec la nature et la montagne.

Puis descente sur Magland, au km 40, où des copains m’attendent pour passer cette première nuit. Avant ça, j’ai dû suivre la déviation toujours en vigueur sur la descente : le sentier est toujours fermé à La Colonnaz et une déviation est mise en place par les granges de Luth et Lutz (arrêté municipal n°2022.123). Cela rajoute quelques dizaines de minutes, et la fin du sentier, avant de rejoindre Magland, n’est pas très bien entretenue.

Après Magland débute la première nuit. Je connais très bien toute cette portion, alors ce n’est pas très grave de la faire de nuit : Le Reposoir, le col des Annes (magnifique de jour !), le lac de Lessy, Entremont, le col des Glières. Il fait bon, mais quand je m’arrête pour les ravitos, j’ai vite froid. Surtout sur le plateau des Glières : tout est gelé à cette période !

Je croise plein d’animaux : renards, sangliers, chamois, bouquetins, blaireaux, vaches, cerfs, chauves-souris… C’est fou comme le monde animal vit la nuit !

Cette première nuit s’achève à La Balme-de-Thuy. Mes acolytes de la nuit me laissent alors pour entamer cette deuxième journée quasi toute seule, jusqu’à 22 h. Avant ça, je tente une sieste, car ça fait 20 h que je cours. Mais en vain. Je repars et entame cette montée interminable et cassante vers la pointe de Talamarche. Un enfer lorsqu’on a déjà plus de 100 km dans les jambes. Heureusement, on est récompensé par la vue en haut. Les chamois surveillent avec soin le Mont-Blanc, et moi, j’entame ma descente.

Col des Nantets, partie magnifique, je vois le lac d’Annecy pour la première fois de la traversée. Puis, de Bluffy, direction le mont Baron et le mont Veyrier. La montée n’est pas très intéressante avant que la vue se dégage enfin sur le lac d’Annecy. En haut du mont Veyrier, on est jeudi, il est 16 h 30, la vue est magnifique, et moi, je suis très fatiguée. J’entame la descente prudemment vers Annecy, où je retrouve mon assistance et décide de faire une sieste de 25 minutes avant de débuter la deuxième nuit.

Celle-ci me fait un grand bien. Je repars en forme pour affronter le Semnoz. Je dois d’abord traverser tout Annecy par les bords du lac. La partie de plat est longue, et j’ai hâte que ça monte ! Je débute le Semnoz et la nuit tombe assez vite. Trois heures de montée seule dans les bois, la nuit, avec les animaux et le silence. Je ne suis pas très rassurée, mais en même temps, ça me fait du bien d’être seule avec mes pensées.

Je retrouve ma team en haut du Semnoz et je repars avec deux copains pour entrer dans le massif des Bauges. J’ai très froid. Mais je vis un bon moment de flow pendant 20 km. J’ai déjà presque 160 km dans les jambes en haut du Semnoz, mais je cours la descente comme si je n’en avais que 40.

Arrivée au Châtelard, il est 4 h du matin, je n’arrive plus à me tenir éveillée, je titube… Je décide de refaire une sieste de 25 minutes dans la voiture. J’ai terriblement froid. Et lorsque je repars, je ne suis pas moins fatiguée. Je marche les yeux fermés, je lutte pour ne pas tomber et pour arriver jusqu’au prochain point d’assistance, à Lescheraines, où il est 6 h 30. Il fait toujours terriblement froid, et je dois encore faire une sieste de 20 minutes pour ne pas me mettre en danger. Je n’ai jamais connu une fatigue comme ça en ultra, mais je réalise que ça fait quand même beaucoup de temps que je suis partie.

Ces deux siestes de 20 à 25 minutes ne m’aideront pas à aller mieux niveau fatigue. J’attends péniblement que le jour se lève, vers 7 h 30 / 8 h (le vendredi), en espérant que la lumière du jour me réveille enfin après quelques heures très pénibles à lutter. Et c’est ce qui se passe. Dans une des dernières montées, je me réveille enfin et je ne m’endors plus. J’ai quand même bien mal aux jambes, on arrive sur la fin, et aussi terriblement mal aux pieds (comme d’habitude sur les longs défis…).

Je découvre une partie que je ne connais pas dans les Bauges. C’est magnifique avec un beau lever de soleil. Direction le Revard, les magnifiques couleurs d’automne, les animaux, la nature. Je me régale. Avant cette longue et terrible descente vers Aix-les-Bains. Elle est interminable et cassante. Alors je me répète des choses pour tenter de prendre quand même du plaisir : « C’est cool d’être là, après ce sera l’hiver, tu as de la chance. »

Puis la délivrance : le plat, Aix-les-Bains et les derniers kilomètres pour m’amener jusqu’à la gare et achever ce défi avec un petit sprint final (pas très rapide, mais sur le coup, c’était mes sensations !).

Arrivée en 2 jours, 4 heures et 31 minutes.

En somme, une belle bambée, à une période de l’année magnifique, mais rude la nuit.

La trace est magnifique, même si elle est technique sur certains passages.

Heureuse de boucler la saison de cette façon, à la maison.