Il y a des aventures qui marquent. Cette Grande Traversée des Alpes via le GR5 en fait partie. Que dire pour expliquer ce que j'ai vécu ?
Commençons par les paysages : cette traversée est si belle. Courir à travers chaque massif fut incroyable. Chaque jour, les paysages changeaient au moins 2 fois. Le Chablais, le massif du Mont Blanc, le Beaufortain, la Vanoise, la Maurienne, les Hautes Alpes, le Queyras, le Mercantour, l'arrière pays niçois... Je garde de chaque massif des souvenirs précieux au fond de ma tête et de mon cœur.
Le défi en lui-même : une moyenne de 80/90 km et 4500/5000m D+ par jour, pendant un peu plus de 7 jours. Un défi que je n'avais jamais relevé auparavant. Les journées ont été longues sur les sentiers, les nuits courtes. Concernant les nuits, il était prévu environ 4-5h de sommeil par 24h. J'étais plus proche des 2 à 3h... Des douleurs nerveuses aux pieds puis aux jambes ont rapidement altérer mon sommeil.
J'ai fini l'aventure avec une dette de sommeil importante. Pour être certaine de rallier Nice, et espérer le record, j'ai dû faire une dernière étape de près de 160 km sans dormir, avec seulement une sieste de 20' et quelques siestes de 5' sur les sentiers. Je m'endormais en 3 secondes tant la fatigue était importante.
Et puis, l'aventure en elle-même : j'ai partagé celle-ci avec mes amis. Venus me pacer, m'encourager, et vivre ces émotions si intenses avec moi. L'aventure n'aurait jamais été aussi belle sans eux. Finalement, cette histoire est collective.
J'ai rencontré des inconnus devenus des amis, et mes amis sont devenus une famille. Ce que nous avons partagé ensemble sur les sentiers cette semaine est unique.
Pour finir, et parce que ce défi était pour moi une boucle à boucler dans mon développement personnel, je dirais qu'au-delà de trouver des réponses à certaines des plus grandes questions de ma vie, je n'ai pas seulement fermé une boucle, j'en ai ouvert de nouvelles. Je rentre en ayant trouvé, sur les sentiers et auprès des gens que j'aime, un peu plus qui j'étais.
Cette traversée à été l'aventure la plus difficile, la plus fatigante, mais la plus belle que j'ai vécu.
J'ai eu tellement mal, pendant des dizaines d'heures. Mais je n'en retiens que le bonheur de ce que m'ont offert les Alpes et l'explosion d'émotions en arrivant à Nice.
Ah, et parfois, on a l'impression que tout est écrit pour que ça se passe bien... Des petits signes de la vie qui m'ont suivi tout au long de la semaine : des papillons par dizaine qui se pose sur mes bras, des aigles (emblème de Nice) qui tournent juste au dessus de ma tête à l'entrée du département 06, des patous restés "gentils" dans des zones où ils sont réputés agressifs et où je suis passée de nuit (c'était pas rigolo), et le gros orage prévu à Nice pour mon arrivée qui finalement ne m'aura jamais touché : il a tourné tout autour de moi sans jamais être sur moi, me laissant la voie libre pour aller concrétiser cette grande aventure.
Merci les Alpes. Pour ce qu'elles m'ont offert, et ce qu'elles vont me permettre d'écrire ensuite.