FKT: Thomas Delafontaine - Grande Traversée du Mercantour - 2026-07-24

Route variation
Standard route
Multi-sport
No
Para athlete
No
Gender category
Male
Style
Unsupported
Start date
Finish date
Total time
2d 15h 34m 0s
GPS track(s)
Report

63 h 34. 230 km. 13 000 m de dénivelé.

Voilà, la Grande Traversée du Mercantour est désormais derrière moi.

Je suis arrivé vendredi soir à 21h44 à Menton, après un départ d’Entraunes le mercredi à 6h10.

Comme ceux qui ont suivi cette aventure l’ont vu, je suis parti sans assistance et en autosuffisance complète. Concrètement, je ne pouvais utiliser que ce qui se trouvait dans mon sac à dos au départ, soit environ 8 kg avec l’eau. Aucune aide extérieure n’était autorisée. Je pouvais uniquement refaire le plein d’eau dans les ruisseaux, les fontaines des villages ou des refuges, et utiliser les abris publics accessibles à tous. Pour le reste, impossible d’acheter quoi que ce soit ou de recevoir la moindre aide.

La première journée s’est déroulée exactement comme je l’espérais. J’arrive au refuge de Vens vers 20 h, après un peu plus de 60 km et 4 000 m de dénivelé parcourus en une quatorzaine d’heures.

La première nuit, entre Vens, Rabuons et le refuge Sant’Anna en Italie, se passe également très bien. Après 24 heures de course, j’en suis à un peu plus de 92 km et 6 000 m de dénivelé.

La deuxième journée est d’un tout autre registre.

Je n’ai dormi qu’une quinzaine de minutes à Rabuons. Le terrain devient beaucoup plus technique, les montées sont longues, les pierriers nombreux, les kilomètres défilent à une vitesse désespérément lente. Entre Sant’Anna, le refuge de Questa et le Boréon, je ne parcours qu’une cinquantaine de kilomètres. Une journée interminable, frustrante, où le plaisir est bien moins présent.

Et puis, sans vraiment savoir pourquoi, tout bascule au Boréon.

Les 700 m de montée vers la Cougourde passent presque sans difficulté. Les jambes reviennent. La deuxième nuit se déroule finalement plutôt bien. Je n’avance pas aussi vite que je l’aurais souhaité, mais je prends énormément de plaisir sur ces portions techniques. Les montées vers le pas de Ladres, le Pas du Colomb, la Baisse de Basto puis jusqu’au refuge des Merveilles s’enchaînent. Malgré la fatigue et le manque de sommeil je me sens bien sur ce terrain joueur, technique et ludique que j’apprécie particulièrement.

Au matin, j’arrive au refuge des Merveilles.

Il reste alors 53 km avant Menton. Le plus gros est fait, et une seule idée m’occupe : arriver le soir même.

Je pensais cette dernière partie plus facile.

En réalité, la portion entre Camp d’Argent et Sospel m’a semblé interminable, longue et peu plaisante. Puis vient la dernière partie entre Sospel et Menton. Je m’attendais à une fin plus simple, mais les cols continuent de s’enchaîner, avec notamment le col du Berceau, que je n’avais absolument pas anticipé. Les dernières heures paraissent interminables, non pas parce que le corps ne répond plus, mais parce que l’envie d’arriver devient de plus en plus forte.

Et puis enfin…

21h44. Menton.

Sarah m’attend à l’arrivée pour partager ce moment qui vient conclure cette aventure.