Il s'agit de ma seconde tentative sur cet itinéraire (voir commentaire posté le 19/08/2025).
J'avais arrêté la première en Août 2025 au Bleymard (km145 environ). J'étais à l'époque en préparation de la diagonale des fous, je n'avais pas voulu accumuler trop de fatigue 2 mois seulement avant ce cours important. Je mettais beaucoup perdu, mon sac de départ était trop chargé (autour de 10kg), mes appareils électroniques n'avaient pas tenu... Bref, il me tardait de revenir sur ce chemin, afin de ne pas rester sur un échec, tout en me servant de cette première expérience. Mais il n'est pas toujours facile de trouver le temps nécessaire au milieu de sa vie professionnelle et familiale, ni d'avoir une fenêtre météo correcte. J'ai eu de gros doutes sur cette dernière jusqu'au matin de mon départ, raison pour laquelle je n'ai pas posté mon intention de départ avant.
En août 2025, je projetais initialement mon objectif en 48h, mais tout récemment Julien Pasquier a brillamment bouclé ce parcours en mettant la barre plus haute en 45h38 ! J'ai aussi depuis couru la diagonale des fous et l'UTMB, qui m'ont apporté une maturité supplémentaire. j'ai finalement recalculé mes temps de passage pour un objectif en 45h.
Je suis parti du Puy à 8h08 le jeudi 22 octobre. Les conditions ont été idéales jusqu'au milieu de la nuit suivante, ce qui m'a permis de tenir une moyenne d'environ 7,5km/h sur la partie très roulante traversant les villages du Velay, le Gévaudan et le nord des cévennes jusqu'au Mont Lozère, et ce malgré un sac encore trop chargé au départ (entre 7 et 8kg).
La météo s'est progressivement dégradée en fin de nuit. J'ai gravi le Mont Lozère dans le brouillard et de fortes rafales de vent. J'ai eu du mal à suivre les traces sur le dernier kilomètre d'ascension jusqu'au sommet du Finiels et pour trouver le sentier de descente. On peut voir sur la trace que j'ai pas mal "jardiner" au sommet, perdant beaucoup de temps et d'énergie au passage.
J'arrive finalement au village du Finiels à 8h15, juste à temps pour m'abriter d'une grosse averse. J'en profite pour prendre une pause prolongée à l'abri, manger, dormir 15 minutes (mon seul temps de sommeil du trajet). Je répare vers 9h, avec 2h de retard sur mon temps prévisionnel.
Toute la matinée est très pluvieuse, mes pieds resteront trempés jusqu'à Alès... Le moral n'est pas très bon, la fatigue très présente, j'ai peur de m'effondrer sur la fin du parcours, je sers les dents pour maintenir le tempo. Le ciel se lève progressivement dans l'après-midi, les magnifiques paysages du sud cévennes et de la vallée du Tarn me donnent leur énergie, je rattrape doucement mon retard. J'attaque la nuit avec un regain d'énergie, un sac léger, je finis fort jusqu'à Alès. Le manque de lucidité se fait sentir cependant, je trouve le moyen de me perdre et de revenir sur mes pas sans m'en rendre compte tout de suite, 30min de perdues environ !! (entre le village de Saint-Etienne-Vallée-Française et le col de Saint-Pierre.
Entre le col de Saint-Pierre et le village de Saint-Jean-du-Gard, ma trace diffère de celle prise par Julien Pasquier. J'ai pour ma part suivi l'itinéraire officiel du site du chemin de Stevenson (https://www.chemin-stevenson.org/decouvrez-le-chemin-de-stevenson-gr70/…), correspondant également au Topoguide de la FFRandonnée imprimé en Mars 2025 et au marquage sur le terrain, passant au nord de la D260. L'ancien itinéraire passant au sud, le long du Gardon, a été dégradé en 2021 (voir post de Louis-Philippe Loncke du 08/01/2022). La trace GPS figurant sur le site FKT n'est selon moi pas à jour. Il serait bon de l'uniformiser à l'avenir pour les futurs FKT.
La fin du parcours avant Alès est sans fin, très technique. Je ne la recommande pas aux randonneurs peu expérimentés. Je me sens bien néanmoins sur cette fin de parcours. Mes longs entraînements de 2025/2026 semblent payants !
Je pense qu'il est possible de faire bien mieux en terme de performance: je suis encore trop chargé (sac d'environ 7/8kg au départ), les conditions peuvent être plus optimales, je peux moins me perdre avec une montre plus adaptée... (La mienne ne tient pas suffisamment la charge, utilisable uniquement en mode enregistrement sur cette durée, ne me permettant pas de suivre la trace en continu, et m'obligeant à sortir mon téléphone sans arrêt)
Au-delà du chrono, une telle aventure en solitaire et autonomie complète (sans bâtons également) est avant tout un voyage intérieur unique dont j'a pleinement profité.
Stevenson a su sublimer et transformer en mythe des paysages uniques sculptés par la nature et modelés par des générations humaines pendant des siècles. Les humains d'aujourd'hui le lui rendent bien tant sa mémoire est présent partout sur le sentier. Je remercie l'association "Sur le chemin RL Stevenson" et les populations locales pour si bien faire vivre ce chemin. Le marquage est bon, certes plus adapté aux randonneurs qu'aux coureurs (Il est le plus souvent dans les arbres plutôt qu'au sol, ce qui n'est pas toujours facile quand on doit regarder principalement où l'on met ses pieds !). Les sources en eau sont très présentes dans tous les villages le long du parcours, pas d'inquiétude de ce côté.